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Les systèmes biométriques
21/12/2005 1304 Lectures
les systèmes biométriques Les systèmes biométriques permettant d'identifier une personne à partir de l'un de ses caractères biologiques ou comportementaux connaissent, depuis quelques années, un développement important et offrent aujourd'hui de nouvelles perspectives d'utilisation.

Les définitions des systèmes biométriques données
par divers organismes, en France et à l'étranger, paraissent concorder.
Ainsi, par exemple, la commission nationale de l'informatique et des libertés
(CNIL) considère qu'on peut définir les systèmes biométriques
« comme étant des applications permettant l'identification automatique
ou l'éligibilité d'une personne à se voir reconnaître
certains droits ou services (notamment l'accès) basés sur la reconnaissance
de particularités physiques (empreintes digitales, iris de l'oeil, contour
de la main...), de traces (ADN, sang, odeurs) ou d'éléments comportementaux
(signature, démarche) ».

Ces techniques d'identification offriraient, pour certains, une meilleure sécurité
et une plus grande simplicité d'utilisation que les systèmes actuels
de contrôle d'accès ou de vérification d'identité.
Pour d'autres, elles constitueraient une menace pour la confidentialité
des données personnelles et la vie privée, sans pour autant être
infaillibles.

Depuis les travaux engagés à la fin du dix-neuvième siècle
en matière d'identification anthropométrique (étude des empreintes
digitales, photographies anthropométriques), les données susceptibles
de permettre l'identification des personnes se sont considérablement diversifiées.


L'empreinte digitale se trouve désormais « concurrencée »
par d'autres caractères physiques, tels la forme de la main, les traits
du visage, la rétine et l'iris de l'oeil, biologiques tels que l'ADN ou
comportementaux (voix, signature, pression sur le clavier d'un ordinateur).

En principe, il est communément admis que, pour être utilisées
à des fins d'identification, les données biométriques doivent
présenter les trois propriétés suivantes :

- universalité : l'élément biométrique retenu est
présent chez toutes les personnes,


- unicité : la configuration de l'élément biométrique
d'un individu donné est différente de celle caractérisant
tout autre individu,


- permanence : les caractéristiques de l'élément biométrique
ne varient pas dans le temps.


Or, au regard de ces trois propriétés, tous les éléments
biométriques ne présentent pas la même « qualité
». La fiabilité du dispositif de reconnaissance biométrique
est lui-même mesuré par des taux d'erreurs.

La procédure d'identification se décompose en deux phases : la
phase dite « d'enrôlement » -lecture des caractères
personnels par un capteur, traitement des paramètres, génération
d'une « signature » qui est enregistrée- et la phase de reconnaissance
qui compare la donnée enregistrée à celle nouvellement
captée. La comparaison s'effectue à partir de caractéristiques
considérées comme suffisamment significatives et variables notamment
en fonction de la nature de la donnée biométrique retenue. La
performance réelle d'un système biométrique est par ailleurs
souvent dépendante de l'environnement dans lequel la donnée est
captée (éclairage, température, position, bruit).

Selon certaines sources, les tendances suivantes -qui méritent d'être
vérifiées- semblent se dessiner :

- La reconnaissance des empreintes digitales représenterait encore aujourd'hui
la moitié des techniques mises en oeuvre actuellement, mais cette méthode
ne semble pas la plus fiable ;

- La reconnaissance faciale se divise en deux branches : la reconnaissance de
visage fixe, qui semble arriver aujourd'hui à maturité, et la
reconnaissance à partir de bandes vidéo ;

- La reconnaissance par la main paraît une méthode plus sûre
que celle des empreintes digitales ;

- La reconnaissance par l'iris est aujourd'hui la méthode réputée
la plus sûre ;

- La reconnaissance de la rétine est une technologie très efficace
mais actuellement difficile à mettre en oeuvre ;

- La reconnaissance par la voix existe mais ne peut guère être
installée dans des lieux publics où existe un bruit de fond.

Les différentes méthodes évoquées peuvent être
combinées pour aboutir à un plus haut niveau de sécurité.
Il s'agit de la biométrie dite « multimodale » qui peut utiliser
plusieurs éléments biométriques.

Il apparaît donc aujourd'hui nécessaire de procéder à
une évaluation scientifique et technique des procédés mis
en oeuvre afin d'apprécier leurs performances ainsi que les contraintes
techniques liées à leur utilisation.

La fiabilité d'un dispositif et sa commodité d'utilisation ne
sont pas les seuls critères de performance. Il convient aussi de mesurer
sa vulnérabilité. Un tel dispositif peut en effet être «
piraté », ce qui présente de graves risques, tant pour les
personnes et les biens dont la protection est censée être assurée
par ledit dispositif, que pour la personne dont l'identité se trouve
ainsi usurpée.

Si l'utilisation des techniques biométriques a été longtemps
cantonnée aux applications militaires et policières, il est possible
d'entrevoir désormais un développement à grande échelle,
compte tenu en particulier de l'intérêt que peuvent représenter
de tels procédés en matière de sécurité,
notamment pour le contrôle d'accès à des services électroniques
ou à des locaux sensibles (aéroports, bâtiments publics...).


Mais les nouvelles possibilités techniques offertes pour le captage des
données (utilisation de la vidéosurveillance), leur conservation
et surtout leur transmission (élaboration de standards pour les échanges)
suscitent aussi des craintes

Ces craintes, largement partagées par les organismes étrangers
chargés de la protection des données personnelles, sont liées
en première analyse à l'histoire des techniques d'identification
biométrique marquée par une forte empreinte policière,
mais aussi au fait qu'une donnée biométrique constitue un identifiant
unique universel susceptible de faciliter les interconnexions de fichiers. Elles
constituent de puissants freins psychologiques, en dépit des garanties
offertes par les dispositions juridiques définies aux niveaux national,
communautaire et international.

 
 
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